Élèves immigrants à La Prairie et Saint-Constant : leur nouvelle vie racontée

Des élèves ont célébré leur culture et leur parcours les ayant menés à s’installer dans la région par le biais de projets scolaires afin «d’encourager la diversité et de renforcer les liens entre les différentes cultures».

D’abord, plus d’une dizaine d’élèves issus de l’immigration de l’école primaire Notre-Dame-St-Joseph, à La Prairie, ont appris la langue de Molière en très peu de temps et ont exposé le fruit de leur apprentissage dans un recueil de textes intitulé Il était treize fois. Ce dernier est disponible à la Bibliothèque Léo-Lecavalier, à La Prairie.

Les 13 élèves provenant de la Tunisie, de l’Iran, de la Colombie, du Brésil, du Pérou, de l’Égypte et de la Chine ont fièrement présenté leurs œuvres à la bibliothèque, le 13 juin.

Les élèves comptants plus d’un an en service de soutien linguistique et d’intégration en classe s’étaient donné le défi d’écrire une histoire s’adressant à des enfants du primaire, tandis que les élèves qui s’étaient récemment installés au Canada ont quant à eux écrit à propos de leur parcours migratoire.

«Je suis content d’avoir raconté mon histoire, a mentionné Ameur, 12 ans, qui est arrivé de la Tunisie en 2023 pour rejoindre son père à La Prairie. Ce que j’aime le plus au Québec, c’est la neige!»

Ameur a fièrement porté les couleurs de son pays lors de la présentation du livre. (Photo Gracieuseté Mathieu Pratte)

La totalité des élèves qui ont participé au projet partage d’ailleurs toute cette même nouvelle passion pour l’hiver. Plusieurs d’entre eux ont raconté avoir vécu leur première tempête de neige au Québec!

Pour Jhed, cependant, son coup de cœur est l’école. 

«En Tunisie, je n’aimais pas le collège parce qu’il y avait de la violence entre les élèves. Ici, quand je viens à l’école, je suis très excité. J’aime avoir un casier pour mettre mes choses. J’avais vu les casiers dans des films, mais je ne savais pas pourquoi ils avaient des casiers», a-t-il raconté.

Jhed, de Tunisie, qui présente son histoire aux visiteurs de la soirée de présentation du livre. (Photo Gracieuseté Mathieu Pratte)

Plusieurs ont confié se sentir tristes d’avoir quitté des membres de leur famille dans leur pays natal, bien qu’ils comprennent qu’ils devaient fuir.

«Ils nous manquent, mais on devait fuir la violence», ont mentionné les frères Pedro et Lorenzo, 11 et 9 ans, qui ont quitté le Brésil en juillet 2023.

Les frères Pedro et Lorenzo. (Photo: Le Reflet – Guillaume Gervais)

Même son de cloche du côté d’Armin, 10 ans, qui a quitté l’Iran puisque ses sœurs risquaient d’aller en prison ou de mourir si elles s’opposaient au port du hijab. La famille n’acceptait pas le traitement des femmes. Armin note également une différence dans l’enseignement.

«[En Iran] je n’aimais pas ma professeure de cinquième année parce qu’elle frappait les élèves, a-t-il raconté. Ici au Québec, quand j’ai un problème, l’enseignante écoute, elle m’aide ou elle demande à la technicienne de m’aider […] Quand tu donnes des réponses en math, l’enseignant dit : ’’Wow, comment tu sais ça?’’ Ça me rend heureux.»

Histoires à raconter

Cinq élèves ont quant à eux usé de leurs connaissances plus développées en français pour créer des histoires de toute pièce. L’un d’eux a même conçu les illustrations de son récit en forme de bande dessinée.

«Je voulais recréer une première journée à l’école secondaire, a expliqué Zizheng Liu, de Chine. Mon personnage principal vit quelques problèmes en classe comme être en retard.»

Zizheng Liu découvre le reste du livre avec sa mère. (Photo Gracieuseté Mathieu Pratte)

De son côté, Giancarlo Efren Lopez Molina a décrit un match de soccer entre le Real Madrid et le FC Barcelone, où deux adversaires sont devenus des amis après leur affrontement.

Pour l’enseignante Sonya Thorne, qui a chapeauté le projet, elle ne peut qu’admirer le progrès que ses élèves ont démontré depuis à peine trois ans.

«Arriver dans une classe où tous les autres enfants parlent la langue et on ne comprend pas souvent ce qu’il se passe, ça donne un coup à l’estime de soi, souligne-t-elle. Le plus grand apprentissage dans un projet comme ça, c’est de se faire confiance à nouveau et de se sentir compétent.»

L’enseignante Sonya Thorne de l’école Notre-Dame-St-Joseph. (Photo Gracieuseté Mathieu Pratte)

Élèves de l’école Notre-Dame-St-Joseph

-Tala Raafat Ali Mohammed Zein;

-Zizheng Liu;

-Hiu Thian Yuen;

-Giancarlo Efren Lopez Molina;

-Salma Dridi;

-Mohammed Ameur Hmissi;

-Armin Mahdad;

-Jed et Jihed Hamdoun;

-Pedro et Lorenzo Gomes Galvao;

-Megan Rihanna Marquez Solorzano;

-Luciano Polo Sanchez.

Fiers de leur culture

Des élèves de la 2e à la 6e année du primaire de l’école Armand-Frappier, en partenariat avec la Maison des jeunes de Saint-Constant, ont conçu une mosaïque «interculturelle» afin de «célébrer la diversité et renforcer les liens entre les différentes cultures» de la communauté.

Le portrait montre la planète Terre en forme de cœur, soutenue par deux mains. L’œuvre d’art a été apposée sur un mur de l’école.

«Le cœur avec les deux mains qui le soutiennent, motif central de notre mosaïque, est une image puissante choisie par les élèves à l’issue d’un vote, explique Benoit Berhelot, intervenant de la Maison des jeunes. La phrase « S’aimer avec nos différences », trouvée par les jeunes, reflète parfaitement l’esprit de tolérance et d’inclusion que nous souhaitions transmettre à travers cette œuvre.»

Un peintre professionnel a peint la planète, tandis que les élèves ont collé des photos d’eux ou qui représentent leur culture à l’intérieur des deux mains.

«Les jeunes étaient heureux de laisser leur propre marque dans leur école», estime M. Berhelot.

Les élèves de l’école Armand-Frappier ont posé des drapeaux internationaux et autochtones autour de l’œuvre. (Photo gracieuseté)

Mon histoire en héritage : la jeunesse et la sagesse réunies dans un projet scolaire à Saint-Constant

Huit élèves d’une classe d’adaptation scolaire de l’école secondaire Jacques-Leber à Saint-Constant ont créé des liens avec des membres du club de l’âge d’or de Saint-Constant cette année grâce à un projet du Carrefour jeunesse-emploi Roussillon (CJE). Intitulé Mon histoire en héritage, l’expérience visait un échange intergénérationnel tout en évaluant certaines compétences académiques.

Le projet s’est déroulé en trois étapes. Les élèves ont d’abord été appelés à faire du bénévolat auprès de membres du Club de l’âge d’or de Saint-Constant. Par la suite, ils ont réalisé des entrevues avec les personnes ainées à propos de leur vécu, le tout filmé par la TVRS. Finalement, le groupe a organisé un lancement officiel le 17 juin dans les locaux du Club de l’âge d’or pour présenter les entrevues devant parents et amis.

Un tapis rouge a été installé à l’occasion du lancement du projet. Sur la photo, François-Louis Rochefort  et Edmond Grenier. (Photo : Le Reflet- Denis Germain)

Une motivation pour l’école

L’enseignante Sue Anne Lacombe a rapidement embarqué dans le projet du CJE. «On a réussi à aller chercher le bon [chez les élèves] avec un projet fabuleux qui a fait en sorte que les jeunes étaient motivés à aller à l’école», se réjouit-elle.

C’est souvent un enjeu pour les élèves de sa classe qui vivent avec des troubles de comportement. L’enseignante ne baisse pas les bras pour autant. «Dans chaque élève qui a un TDAH (trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité), il y a un super pouvoir et on essaie d’utiliser ce super pouvoir et le mettre à profit. Dans notre projet, j’ai exploité le naturel de chacun», explique-t-elle. En fonction des forces de chacun, elle a pu leur donner différents rôles que ce soit en informatique, en photographie, à l’animation, par exemple.

Mme Lacombe collabore depuis des années avec le Club de l’âge d’or. Comme ses élèves ont souvent de la difficulté à faire des exposés oraux, elle organise des activités avec les ainés au cours desquelles les élèves «ont des missions» et doivent interagir avec les membres du club. Pendant ce temps, l’enseignante se promène et évalue les élèves.

Un riche échange

La présidente du Club, Louise Maher, est elle-même enseignante et aime beaucoup cette connexion intergénérationnelle. «Ce qui est beau, c’est de voir le sourire des ainés et des jeunes. Il n’y a pas d’âgisme, pas de préjugés : ah les jeunes sont comme ci! Les vieux sont comme ça! C’est pour ça que c’est important pour moi de favoriser ça», exprime-t-elle.

Dans le cas précis du projet Mon histoire en héritage, les participants des deux générations en retirent une expérience positive. Jeanne Charrette-Rusnack a aimé parler du passé avec des plus jeunes. «C’est tellement agréable. J’adore voir les yeux des jeunes quand ils sont intéressés et ils font : en ouin !», confie-t-elle.

François-Louis Rochefort, un des élèves de Jacques-Leber, a bien aimé en apprendre davantage sur la vie des membres du Club de l’âge d’or. « Je réalise qu’ils sont débrouillards. Par exemple, s’ils avaient un vêtement brisé, ils ne vont pas le jeter, ils vont le garder pour faire autre chose ou le réparer», souligne-t-il.

Céline Bilodeau et Ludovick Thibodeau. (Photo : Le Reflet – Denis Germain)

La chargée de projets du Carrefour jeunesse-emploi Émilie Beaulieu-Gamache a été inspirée par une initiative semblable réalisée dans un CJE de Portneuf pour le projet avec l’école Jacques-Leber. 

«J’ai extrêmement à cœur les projets intergénérationnels. C’est enrichissant autant pour les ainés que pour les jeunes», constate-t-elle.

Georgios Galanopoulos et Jeanne Charrette Rusnack ont été jumelés dans le cadre du projet Mon histoire en héritage. (Photo : Le Reflet – Denis Germain)

Candiac : des hôtels à abeilles pour une meilleure biodiversité

Candiac fait partie des villes modèles en matière de biodiversité et possède maintenant, en plus de sa ruche urbaine située à la bibliothèque municipale, deux hôtels à abeilles qui hébergeront, à terme, des centaines d’abeilles qui polliniseront chacune des milliers de fleurs.

« Il y a des abeilles sauvages tout autour de nous et Candiac, en installant des hôtels pour ces belles pollinisatrices, permet de donner un souffle nouveau à la biodiversité. Chacune d’elles, après avoir passé l’hiver dans les hôtels, pourra polliniser des centaines, des milliers de fleurs, par jour », indique Orianne Gurtler de chez Alvéole, une entreprise qui a pour mission de sauver et de mieux faire connaître ces êtres inoffensifs pour l’humain mais qui jouent un rôle essentiel pour la nature.

Orianne Gurtler est apicultrice urbaine pour Alvéole et joue un rôle essentiel pour la survie des abeilles avec l’installation d’hôtels à pollinisatrices. (Photo Le Reflet – Yanick Michaud)

Des endroits pittoresques

La pollinisation des fleurs par les abeilles sauvages permet d’offrir des panoramas incroyables aux humains qui profitent des fleurs, tout comme les abeilles qui s’en nourrissent. « Les abeilles cherchent du pollen et du nectar, les abeilles sauvages ont un périmètre plus limité que celles qui produisent du miel, alors elles pollinisent à proximité de leur territoire », explique la spécialiste qui a toujours eu un faible pour la nature et l’environnement.

Ainsi, en établissant des hôtels à abeilles dans des endroits plus fréquentés par les humains, on donne une chance à la nature de se déployer autrement. « Habituellement, elles nichent dans des tiges creuses, des arbres morts. Avec les hôtels, les abeilles maçonnes construisent les murs avec un mélange de nectar et de pollen, elles y déposent leurs bébés et s’assurent de protéger et de nourrir cette progéniture avant de mourir après six semaines de vie et des milliers de fleurs pollinisées autour d’elles », lance Orianne Gurtler qui visite aux deux semaines les deux hôtels et la ruche sur le territoire de Candiac.

L’un des hôtels est situé au Complexe Roméo-V-Patenaude et l’autre sur le sentier de la Rivière de la Tortue. « Les abeilles, dont on retrouve 20 000 espèces sur la planète, ont beaucoup de chances d’avoir des Villes Vertes comme Candiac. Les fleurs ne peuvent exister sans les abeilles et l’inverse est aussi vrai. Mais ces espèces qui sont là depuis 100 millions d’années, donc bien avant nous, ont maintenant besoin de notre support pour survivre. Avec le développement et l’étalement urbain elles perdent beaucoup d’habitat et de ressources. C’est pourquoi on invite les citoyens à installer des hôtels et planter des fleurs nectarifères », conclut l’apicultrice urbaine.
 

Hôpital Pierre-Boucher : un appareil neuf réduit temps d’examen et listes d’attente

L’équipe de médecine nucléaire de l’hôpital Pierre-Boucher était visiblement heureuse de présenter son nouvel appareil au Courrier du Sud. Et pour cause. En fonction depuis la fin février, cet appareil permet de réaliser des examens plus courts, avec des images plus précises. Ces examens sont cruciaux pour les patients atteints de cancer ou en cardiologie, par exemple.

La médecine nucléaire permet de réaliser de l’imagerie médicale. Ces images permettent ensuite de réaliser des diagnostics. Cependant, les listes d’attente pour obtenir ces diagnostics pouvaient s’échelonner jusqu’à six mois.

Plus maintenant. Le nouvel appareil permet de réduire de 25% à 50% le temps d’examen. Certains examens qui duraient autrefois 14 minutes peuvent maintenant être faits en 7 minutes. Et donc, on passe plus vite à travers la liste d’attente.

«Pour les patients sur une liste d’attente, qui attendent de savoir si leur cancer est métastatique ou non, ça change leur vie parce qu’ils vont être pris en charge beaucoup plus rapidement», explique Dr Hani Hassoun, médecin nucléiste à Pierre-Boucher.

Plus tôt, plus clair

En complément au nouvel appareil, une mise à jour des détecteurs d’imagerie sur les appareils actuels a également été effectuée. Le temps est donc réduit sur l’ensemble des machines.

De plus, le changement d’une technologie analogique à une technologie digitale permet d’obtenir des images plus précises.

«Ça va nous permettre de voir des lésions un peu plus petites. On ne voit pas toujours des affaires nouvelles, mais des fois oui. Cette lésion-là n’était pas là, maintenant on la voit. Est-ce une nouvelle métastase? C’est sur qu’on voit une différence», donne en exemple Dr Hassoun.

Celui-ci évoque des avantages importants pour les enfants qui doivent subir des examens en médecine nucléaire. Comme la caméra est plus sensible, la dose de radiation injectée à cette clientèle particulièrement sensible à la radiation peut être réduite de 50% à 70%. «Ça, c’est très important chez les enfants», souligne-t-il.

«Si on est capable d’imager plus tôt, on va attraper les cancers plus vite ou à un stade moins avancé.»

–Dr Hani Hassoun, médecin nucléiste à Pierre-Boucher

D’autres types de patients bénéficient également du traitement plus rapide.

«Comme les examens sont plus courts, les patients portés à bouger, qui toussent ou ne sont pas bien pour toutes sortes de raison, ben là, il y a moins de risque de bouger, donc les images sont de plus belle qualité aussi à cause de ça», affirme Annie Ouellet, assistante cheffe technologue en médecine nucléaire.

Rodage

En fait, l’appareil est si efficace que qu’une période d’adaptation est nécessaire. Dr Hassoun dit à la blague que les examens finissent tellement rapidement que l’équipe n’a pas le temps de traiter les images avant l’examen suivant.

«On s’adapte. On va organiser les types d’examen de façon que l’on perde le moins de temps possible. Par exemple, un examen des glandes salivaires, ça prend plus de temps, on va le suivre d’un examen plus rapide, comme ça le temps de traitement est récupéré. C’est tout ça qu’on est en train de roder. Mais on voit déjà une amélioration sur les listes d’attente», explique pour sa part Kim Rozier Gadoury, cheffe de service en imagerie médicale.

 

Le nouvel appareil en question. (Photo : Gracieuseté)

 

L’équipe sait toutefois que cette adaptation en vaut la peine, vu les nombreux avantages que ces ajouts apportent.

Elle est d’ailleurs fortement reconnaissante de la Fondation de l’hôpital Pierre-Boucher, qui a contribué pour 518 000$ dans le coût du projet. Le montant total des acquisitions est chiffré à 2 261 101 $.

 

Un examen en médecine nucléaire

C’est quoi un examen en médecine nucléaire? Dr Hani Hassoun donne un exemple.

«En médecine nucléaire, on injecte des radiotraceurs. Par exemple, pour un examen des os, après qu’on injecte un radiotraceur, celui-ci va se fixer au niveau de l’os. Nous, avec nos machines, on est capable de le suivre à travers le corps. Ça prend environ 3, 4 heures avant que ça se fixe.

Après ça, on couche le patient, et on est capable de faire des images de tout le squelette, à la recherche de métastases osseuses. […] Après si le cancer métastatique ou non, on va le traiter d’une façon ou d’une autre, mais comment on peut le savoir, c’est grâce à nos examens en médecine nucléaire.»

 

Faut-il offrir un cadeau à l’enseignante de son enfant?

Une tasse proclamant « Meilleure enseignante », un ensemble d’huiles de bain, un bouquet de fleurs, du chocolat, la saison est ouverte pour les cadeaux de fin d’année offerts aux enseignantes. De nombreux parents se demandent comment on doit agir à l’issue du passage de l’enfant dans une classe qu’il a particulièrement appréciée.

« La règle numéro un est de valider la politique des cadeaux auprès du centre de services scolaire ou de l’école. Parfois, ce sont les enseignantes elles-mêmes qui envoient une note disant préférer ne rien recevoir. On retrouve cette situation, souvent dans les milieux moins nantis. Les enseignantes n’en veulent pas nécessairement », indique Julie Blais Comeau, spécialiste de l’étiquette.

Sandrine*, enseignante au primaire, fait partie de celles qui préfèrent ne pas recevoir de présents en fin d’année. « Premièrement, c’est mon métier, je ne le fais pas pour recevoir un cadeau, mais pour voir mes écoliers heureux et les voir réussir. Je sais que certains parents le font parce que ça fait partie de leur culture, ou encore parce que leur enfant m’a appréciée, mais je suis aussi heureuse de recevoir un câlin, un mot écrit par l’enfant ou un dessin représentatif. Ça ne coûte rien et personne n’est mal à l’aise de ne pas avoir donné », lance-t-elle.

Faire participer l’enfant

En ce sens, Julie Blais Comeau abonde. « Il faut faire participer l’enfant, que ce soit pour une lettre qu’il écrira ou pour un cadeau à choisir. Il connaît son enseignante, il a passé l’année avec elle », plaide la dame qui dit d’éviter à tout prix un quelconque montant d’argent glissé dans une carte. « L’argent, on ne fait pas ça. À moins que ce ne soit un don pour une œuvre caritative que l’on fait au nom de l’enseignante. Une Fondation qui lui tiendrait à cœur par exemple. »

Elle souhaite que les gens prennent le temps de réfléchir. « On peut rédiger une belle lettre de remerciement, c’est une belle occasion d’enseigner à notre enfant la reconnaissance, mais on ne fait pas un cadeau acheté à la sauvette, comme une tasse. Les collections sont grandes et elles manquent de place », rigole la dame qui préfère des articles qui vont servir à la classe. « Souvent, les enseignantes paient de leurs poches les effets qu’elles utilisent pour enseigner. Pourquoi ne pas offrir une carte cadeau dans une librairie ou un magasin de matériel scolaire », se demande Julie Blais Comeau.

« C’est ce que fait une de mes collègues, pour Noël, elle indique aux parents qu’elle ne veut pas nécessairement de cadeau, mais que s’ils insistent, ils peuvent acheter un livre jeunesse qui serait apprécié par la classe, par leur enfant par exemple. Les livres restent emballés jusqu’en janvier et elle les ouvre avec ses étudiants au retour des Fêtes. C’est une belle activité et les livres servent pour le reste de l’année et pour ses années suivantes », affirme Sandrine. 

Idem pour les entraîneurs

Julie Blais Comeau dit que les mêmes règles s’appliquent aux entraîneurs qui ont dirigé les enfants dans un parcours sportif ou culturel au cours de l’année. « On évite l’alcool, certaines personnes ont pris des résolutions personnelles et on ne peut pas toujours le savoir. Mais puisque ce sont des bénévoles qui donnent de leur temps, on les remercie pour ça, pour leur influence positive. Tout ça c’est précieux, alors il faut bien choisir si on tient absolument à offrir quelque chose », conclut la spécialiste de l’étiquette.

* Le nom a été modifié. 

Regard sur la paternité d’aujourd’hui : des « papas 2.0 »

La paternité est partout et elle peut prendre différents visages, en plus de s’exprimer de mille et une façons de nos jours. Un constat s’impose néanmoins: elle est en constante évolution depuis des années et c’est tout le monde qui ressort gagnant de cette transformation, comme témoignent trois papas dans la quarantaine rencontrés par Le Reflet en vue de la fête des Pères.

« Personnellement, je dirais que c’est de loin mon plus grand rôle dans la vie! Tu éduques des enfants, tu bâtis une nouvelle génération. C’est ce qu’on a de plus riche comme société. Donc, on a un rôle qui est important à jouer et on doit le prendre au sérieux », a avoué Maxime Kennedy, de Candiac, papa de deux filles de 8 et 10 ans, lorsqu’on lui a demandé ce que représente pour lui la paternité. On ne reçoit pas de guide par la poste. (…) Je pense qu’au final, c’est juste tout le temps de faire de son mieux puis d’y aller avec son cœur. »

« Non, il n’y a pas de guide, a renchéri Thomas Raybaud, père de deux garçons de 9 et 12 ans, de Candiac également. Déjà avec nos propres enfants, ce sont des comportements, des façons de réfléchir complètement distinctes, alors il faut s’adapter, se renouveler constamment, puis, ils grandissent et on grandit avec eux, on s’adapte aux nouveaux défis qu’ils ont. »

« On n’a pas envie d’être aussi strict que nos pères l’étaient des fois, mais peut-être que je devrais quand même l’être un petit peu plus… Je trouve que c’est un des défis qu’on doit apprendre à gérer! » – Thomas Raybaud

Cette évolution est particulièrement marquée lorsqu’on compare avec la génération précédente, a fait valoir leur ami Florian Desperrier, papa d’un garçon de 6 ans et d’une fille de 9 ans, de Montréal. « Nos pères viennent d’une génération où ils passaient beaucoup de temps au travail, puis c’est sûr qu’ils passaient peu de temps avec nous, mais pour eux, ils complétaient vraiment leur rôle de père dans le sens où ils suffisaient à nos besoins. C’était leur façon à eux d’être un bon papa. (…) Il y a une belle évolution, une belle transition, de beaux changements en ce moment. »

Une nouvelle vision

La vision qu’ils ont de la paternité a aussi changé, selon eux, tel que l’a expliqué Thomas. « Parfois, on entend des phrases qui me font tiquer, comme « C’est important que tu aides la maman… » Je ne l’aide pas : on a fait des enfants à deux, on partage la job à deux. Je ne suis pas un support à la maman; on va se supporter, oui, mais l’un l’autre. On n’est plus rendus là, mais il y a encore du chemin à faire. »

L’importance de la paternité les a même amenés à fonder un organisme appelé Les SuPères héros avec un quatrième papa, Stéphane Laramée, qui a quatre enfants de 3 à 19 ans. Ce groupe prône entre autres la paternité positive, l’importance de passer du temps avec ses enfants et l’échange entre pères. Une grande journée d’activités aura d’ailleurs lieu le 22 juin à la Base de plein air de Saint-Constant, la Course des SuPères héros. « C’est beaucoup d’organisation, mais on fait ça pour que les familles vivent de beaux souvenirs qui resteront longtemps », a conclu Maxime.

Et un « papa 2.0 » adore créer des souvenirs pour ceux qu’il aime!

Pour voir d’autres vidéos captées durant cette table-ronde, on consulte la chaîne youtube de Gravité média web.

Travaux dans le tunnel : l’ouverture des deux tubes repoussée à 2026

L’échéancier des travaux dans le tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine a été mis à jour par le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) et les usagers devront s’armer de patience. L’ouverture des deux tubes est repoussée à l’automne 2026 et d’autres travaux pourraient s’échelonner jusqu’en 2027.

Le changement de tube est maintenant prévu au printemps 2025, alors qu’il l’était initialement à l’été 2024. L’ouverture des deux tubes est donc maintenant estimée à l’automne 2026.

Cela ne signifiera cependant pas la fin des entraves, alors qu’une fermeture partielle avec deux voies ouvertes dans chaque direction est ensuite prévue afin de réaliser le bétonnage des parois du terre-plein central. Ces travaux de trois à quatre mois devraient être réalisés à la fin 2026 ou en 2027.

Des travaux de parachèvement et d’aménagement paysager sont aussi prévus en 2027.

La fin des travaux de réparation des dalles de l’autoroute 25 ainsi que la réfection de l’échangeur Souligny est quant à elle toujours planifiée pour l’automne 2025.

Quelques problèmes

Le MTMD a détaillé les différents défis qui expliquent le retard de certains échéanciers.

Il évoque d’abord que les tours de ventilation sont plus abîmées que ce qui était prévu, forçant des interventions différentes de celles qui ont été programmées. «Pour effectuer le changement de tube, il est essentiel que le système de ventilation soit fonctionnel pour des raisons de sécurité», indique-t-il.

Rappelons que le chantier a également dû être mis sur pause à plus d’une reprise, à cause de moisissures et d’intoxication au monoxyde de carbone.

Le MTMD ajoute qu’il y a eu plusiurs problèmes dans l’exécution des interventions à l’intérieur du tube sud, notamment lors du bétonnage de la voûte, et que le retard d’exécution dans ce tube découle entre autres du bris d’un équipement servant à bétonner la voûte du tunnel.

La rareté de la main-d’œuvre spécialisée a également contribué aux retards.

«Le tunnel est une infrastructure unique et stratégique, qui en est à sa toute première réfection majeure en près de 60 ans. Les défis entourant ces travaux sont nombreux», rappelle le MTMD.